La Chine et la Russie ont opposé leur veto mardi à une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU qui aurait encouragé des efforts coordonnés pour protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz, bloquant ainsi une action internationale quelques heures seulement avant l'ultimatum de 20 heures (heure de l'Est) fixé par le président Donald Trump à l'Iran pour rouvrir cette voie maritime stratégique.

Le vote a abouti à 11 voix pour, 2 contre et 2 abstentions, celles du Pakistan et de la Colombie. La résolution avait été affaiblie à plusieurs reprises lors des négociations dans l'espoir que Moscou et Pékin s'abstiendraient plutôt que d'exercer leur droit de veto en tant que membres permanents du Conseil de sécurité.

Le Bahreïn, qui assure la présidence tournante du Conseil de sécurité, a parrainé la résolution en coordination avec les États du Conseil de coopération du Golfe. La proposition initiale aurait autorisé les pays à utiliser « tous les moyens nécessaires » — une terminologie de l'ONU incluant la force militaire — pour garantir le passage dans le détroit.

"Le régime iranien a jusqu'à 20 heures (heure de l'Est) pour saisir l'opportunité et conclure un accord"

Le projet de résolution n'a pas été adopté en raison du vote négatif d'un membre permanent du Conseil.

Abdullatif bin Rashid Al Zayani, ministre des Affaires étrangères du Bahreïn — Al-Monitor

Face à l'opposition des puissances disposant d'un droit de veto, le texte a été dilué pour supprimer toute référence à une action offensive et à une autorisation du Conseil de sécurité. La version finale se contentait de « strongly encouraged » (encourager fortement) les États à coordonner des efforts « défensifs » pour escorter les navires commerciaux et dissuader toute interférence avec la navigation.

◈ Comment le monde voit cette actualité8 perspectives
Majoritairement Analytique7 Analytique1 Critique
🇫🇷France
France 24
Analytique

Cadre l'histoire comme une crise diplomatique centrée sur le compte à rebours avant l'ultimatum de Trump et l'escalade rhétorique. Met l'accent sur le cadre juridique international concernant les crimes de guerre et les infrastructures civiles, reflétant l'approche multilatérale traditionnelle de la France en matière de résolution des conflits.

🇹🇷Turkey
Daily Sabah
Analytique

Présente une vision équilibrée soulignant les implications économiques de la fermeture du détroit et l'affaiblissement de la résolution de l'ONU. La position de la Turquie en tant que puissance régionale équilibrant ses relations avec les alliés de l'OTAN et les partenaires régionaux se reflète dans le ton mesuré.

🇵🇰Pakistan
Dawn
Analytique

Met en avant l'abstention du Pakistan lors du vote, reflétant la position de ce pays en équilibre délicat entre ses relations avec la Chine et les États-Unis. Se concentre sur les détails du processus diplomatique plutôt que de prendre parti dans la confrontation.

🇸🇬Singapore
Straits Times

L'Iran a effectivement bloqué le détroit depuis le début de la guerre entre les États-Unis et Israël le 28 février, n'autorisant qu'un passage limité aux navires en provenance de pays « amis », dont la Chine, la Russie, l'Inde et le Pakistan. Ce point de passage stratégique transporte généralement un cinquième des exportations mondiales de pétrole, et sa fermeture a fait flamber les prix de l'énergie.

Cet échec diplomatique survient alors que Trump durcit ses menaces à l'encontre de l'Iran. Plus tôt dans la journée, il avait prévenu qu'« une civilisation entière périrait » si la République islamique ne répondait pas à son ultimatum de minuit. Le vice-président JD Vance a indiqué que l'administration disposait de « outils dans notre boîte à outils » contre l'Iran, sans préciser davantage.

Le régime iranien a jusqu'à 20 heures (heure de l'Est) pour saisir l'opportunité et conclure un accord avec les États-Unis.

Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison-Blanche — France 24

Les Gardiens de la révolution iraniens ont menacé de cibler les infrastructures régionales qui priveraient « les États-Unis et leurs alliés de pétrole et de gaz de la région pendant des années ». Cette impasse crée une menace existentielle pour les pays du Golfe qui dépendent du détroit pour leurs exportations pétrolières.

Le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme a condamné la « rhétorique incendiaire » entourant le conflit, avertissant que des attaques délibérées contre des infrastructures civiles constituent des crimes de guerre. Parallèlement, les forces israéliennes ont émis des avertissements d'évacuation pour les navires dans les eaux libanaises entre Tyr et Ras Naqoura, signalant une possible action militaire.

Malgré l'impasse au Conseil de sécurité, les efforts diplomatiques se poursuivent en coulisses. Des informations indiquent que l'Iran et les États-Unis ont reçu un plan pour mettre fin aux hostilités et instaurer un cessez-le-feu immédiat, bien que les détails restent confidentiels à l'approche de l'ultimatum de Trump.