Trois journalistes libanais ont été tués dans une frappe aérienne israélienne ciblée dans le sud du Liban samedi, marquant les dernières pertes parmi les travailleurs des médias couvrant le conflit en cours entre Israël et le Hezbollah.

La frappe a touché le véhicule des journalistes dans la ville de Jezzine peu avant midi heure locale. Parmi les victimes se trouvaient Ali Shoeib, un correspondant chevronné pour la chaîne Al Manar affiliée au Hezbollah, ainsi que Fatima Ftouni, une journaliste pour Al Mayadeen, et son frère Mohamed Ftouni, qui travaillait comme cameraman pour la même chaîne.

Les Forces de défense israéliennes ont confirmé avoir ciblé spécifiquement Shoeib, le décrivant comme un membre de l'unité de renseignement de la Force Radwan d'élite du Hezbollah qui opérait sous couvert journalistique. Les responsables militaires israéliens l'ont accusé d'exposer systématiquement les positions des troupes de Tsahal dans le sud du Liban et de diffuser des matériaux de propagande, bien qu'ils n'aient fourni aucune preuve pour soutenir ces affirmations.

"crime éhonté qui a violé les règles les plus élémentaires du droit international"

crime éhonté

Joseph Aoun, Président libanais

violation flagrante du droit international humanitaire et une violation claire des règles qui garantissent la protection des journalistes en temps de guerre

Nawaf Salam, Premier ministre libanais

La déclaration de Tsahal n'a fait aucune mention des deux journalistes d'Al Mayadeen tués dans la même frappe. Shoeib avait été l'un des correspondants de guerre les plus éminents d'Al Manar, couvrant les attaques israéliennes contre le Liban pendant près de trois décennies.

Cet incident représente la deuxième fois qu'Israël est accusé de cibler délibérément des journalistes au Liban depuis le début du conflit actuel suite à la mort du guide suprême iranien. En mars, le présentateur d'Al Manar Mohammad Sherri et sa femme ont été tués dans une frappe israélienne sur Beyrouth pendant leur sommeil.

Le ciblage des travailleurs des médias est devenu un schéma préoccupant dans la région. Lors du précédent conflit Israël-Hezbollah en 2023-2024, plusieurs journalistes ont été tués, notamment trois reporters en octobre 2024 et trois membres du personnel d'Al Mayadeen en novembre 2023.

Le conflit actuel s'est intensifié après que le Hezbollah a tiré des roquettes dans le nord d'Israël le 2 mars, en représailles à la mort du guide suprême iranien l'Ayatollah Ali Khamenei dans une opération américano-israélienne. Israël a réagi par des frappes aériennes massives à travers le Liban et une offensive terrestre dans le sud.

Selon les chiffres du ministère libanais de la Santé, plus de 1 100 civils ont été tués lors du conflit, dont 120 enfants et 42 ambulanciers. Plus d'un million de personnes ont été déplacées, aggravant la crise humanitaire existante au Liban.