L’Égypte a instauré un couvre-feu commercial d’un mois, obligeant les commerces à fermer à 21h en semaine et à 22h le week-end. Cette mesure d’urgence vise à contenir l’envolée des coûts énergétiques, qui ont plus que doublé depuis le début de la guerre entre les États-Unis et Israël contre l’Iran fin février.
Ces mesures d’urgence ont profondément transformé la vie nocturne du Caire. Les rues, autrefois animées jusqu’aux petites heures par des familles, des adolescents et la musique des cafés, sont désormais silencieuses dès 23h. Seuls les scooters de livraison sillonnent encore ces artères plongées dans l’obscurité.
Avant, je restais ici jusqu’à 2h du matin. Maintenant, je suis rentré à 23h au plus tard, en regardant simplement les infos. Ce n’est plus le Caire que nous connaissons.
Abu Ali, client d’un café — Al-Monitor
Le Premier ministre Mostafa Madbouly a révélé que la facture mensuelle d’importation d’énergie de l’Égypte est passée d’environ 1,25 milliard de dollars en janvier à 2,5 milliards en mars. Le pays consacre 60 % de son budget annuel de 20 milliards de dollars alloué au pétrole à la production d’électricité, ce qui le rend particulièrement vulnérable aux chocs des prix mondiaux.
Les petites entreprises subissent immédiatement les conséquences. Ali Haggag, employé dans une boutique de vêtements, estime que son magasin a perdu plus de la moitié de son chiffre d’affaires en quelques jours seulement après l’instauration du couvre-feu. L’économie informelle, qui emploie les deux tiers de la main-d’œuvre égyptienne, est particulièrement touchée par la disparition du trafic piéton en soirée.
Aborde l’histoire à travers le prisme des perturbations quotidiennes de la vie urbaine, soulignant le choc culturel que représente la transformation du Caire. Le média japonais met l’accent sur l’impact humain plutôt que sur les implications géopolitiques, reflétant l’expérience du Japon en matière de vulnérabilité énergétique et d’adaptation économique face aux crises.