Six cent mille personnes ont envahi les rues autour du stade de Japoma à Douala vendredi pour ce qui est devenu le plus grand événement du voyage africain de quatre jours du pape Léon XIV. Cette foule massive, rassemblée dans la capitale économique du Cameroun, représente l’événement public le plus ambitieux du Vatican sur le continent africain depuis des décennies.
Des milliers de Camerounais ont commencé à affluer vers le stade dès jeudi soir, campant toute la nuit pour s’assurer une place à la messe papale. Les fidèles portaient des tissus colorés à l’effigie du pape, créant une mer d’œuvres de dévotion qui s’étendait bien au-delà de la capacité du stade.
La visite de Léon au Cameroun revêt une importance particulière compte tenu des défis sécuritaires persistants du pays. Cette nation productrice de pétrole et de cacao est aux prises avec un conflit anglophone qui, depuis 2017, a fait des milliers de morts, tandis que l’instabilité régionale plus large perturbe le quotidien dans cet État d’Afrique centrale.
Notre pays a grand besoin de bénédictions, d’une bénédiction puissante, pour que l’espoir renaisse
Mgr Léopold Bayemi Matjei — Reuters
Lors de son voyage en Afrique, le premier pape américain a multiplié les critiques virulentes à l’encontre des dirigeants mondiaux. Lors d’une allocution jeudi, Léon a condamné les responsables qui dépensent des milliards en armements tout en négligeant les besoins humains fondamentaux, décrivant un monde ravagé par des forces tyranniques.
France 24 aborde l’histoire sous l’angle logistique, en mettant l’accent sur le nombre de participants et les aspects organisationnels, tout en maintenant une neutralité diplomatique. Leur couverture reflète la relation complexe de la France avec ses anciennes colonies, évitant tout commentaire direct sur les critiques du pape envers les puissances « néocoloniales », qui pourraient impliquer l’influence française dans la région.