L'Indonésie a commencé à appliquer une interdiction complète des réseaux sociaux pour les enfants de moins de 16 ans samedi, ce qui en fait la première nation d'Asie du Sud-Est à mettre en œuvre de telles restrictions suite à la législation pionnière de l'Australie en décembre 2025.
L'interdiction affecte huit grandes plateformes, notamment YouTube, TikTok, Facebook, Instagram, Threads, X, Bigo Live et Roblox, que les autorités indonésiennes ont classées comme à haut risque pour les jeunes utilisateurs. La mesure affecte potentiellement environ 70 millions d'enfants de moins de 16 ans, représentant 25 % de la population indonésienne de 280 millions d'habitants.
Les autorités indonésiennes ont annoncé la politique plus tôt ce mois-ci, citant des préoccupations concernant la pornographie en ligne, le cyberharcèlement, la dépendance à Internet et les escroqueries ciblant les jeunes utilisateurs. L'application intervient au milieu d'un examen mondial croissant de l'impact des réseaux sociaux sur la santé mentale et la sécurité des jeunes.
Nous réitérons qu'il n'y a pas d'exceptions quant au respect et que toute entité commerciale opérant en Indonésie est obligée de respecter les lois du pays
Meutya Hafid, ministre des Communications — RTP Notícias
La mise en œuvre se fait progressivement, les plateformes étant tenues de détecter et de désactiver les comptes appartenant à des utilisateurs de moins de 16 ans. La ministre des Communications Meutya Hafid a indiqué que X et Bigo Live ont déjà atteint la conformité complète avec les nouvelles réglementations, tandis que d'autres plateformes ajustent encore leurs systèmes.
France 24 présente l'interdiction comme une mesure de protection suite aux préoccupations mondiales concernant l'impact des réseaux sociaux sur les enfants. Le média la présente comme faisant partie d'une tendance internationale plus large vers la sécurité numérique des jeunes.
Deutsche Welle fournit une couverture équilibrée mettant en évidence les perspectives des partisans et des sceptiques. Le média contextualise le mouvement de l'Indonésie dans le cadre d'un examen mondial plus large des géants de la technologie et des préoccupations en matière de sécurité des jeunes.
RTP Notícias se concentre sur les détails de la mise en œuvre technique et les mécanismes d'application du gouvernement. Le média souligne le déploiement progressif et les exigences de conformité pour les plateformes internationales opérant en Indonésie.
Plusieurs plateformes ont annoncé des mesures spécifiques pour se conformer à l'interdiction. Bigo Live a relevé son exigence d'âge minimum à 18 ans et a mis en œuvre des systèmes de modération alimentés par l'IA. Roblox prévoit de restreindre les utilisateurs de moins de 13 ans au jeu hors ligne uniquement, tandis que TikTok s'est engagé à désactiver progressivement les comptes des mineurs.
[Les enfants] doivent apprendre à utiliser cette technologie numérique au bon moment, au bon âge et avec les bonnes orientations
Diena Haryana, défenseur de la sécurité en ligne basé à Jakarta — Deutsche Welle
Le gouvernement indonésien a averti des amendes potentielles pour les plateformes non conformes et n'a pas exclu les interdictions nationales pour les entreprises qui ne respectent pas les exigences. Contrairement à l'interdiction générale de l'Australie, l'Indonésie pourrait permettre à certaines plateformes jugées à faible risque de continuer à servir les enfants de 13 à 16 ans avec le consentement parental.
Les défenseurs de la sécurité des enfants ont accueilli favorablement la mesure, arguant que l'utilisation des réseaux sociaux peut affecter négativement la santé mentale et le développement des jeunes. Cependant, les experts restent sceptiques quant à l'efficacité de l'application, avertissant que les enfants férus de technologie pourraient contourner les restrictions en utilisant des réseaux privés virtuels.
L'interdiction indonésienne suit la législation révolutionnaire de l'Australie, qui a déjà entraîné la désactivation d'environ 4,7 millions de comptes identifiés comme appartenant à des enfants. Plusieurs pays européens, notamment l'Allemagne, l'Espagne, la France et la Malaisie, envisagent maintenant des mesures similaires alors que l'élan mondial s'accumule autour de la protection des jeunes utilisateurs contre les préjudices en ligne potentiels.