Les responsables iraniens ont appelé les jeunes à former des chaînes humaines autour des centrales électriques dans tout le pays à l'approche de l'ultimatum fixé par le président Donald Trump pour la réouverture du détroit d'Ormuz, mardi soir.
Trump a menacé de bombarder toutes les centrales électriques et les ponts d'Iran si le pays ne rétablit pas intégralement le trafic maritime dans ce passage stratégique d'ici 20 h EDT. Ce détroit constitue un point de passage crucial par lequel transite un cinquième du pétrole mondial en temps de paix.
J'appelle tous les jeunes, les figures culturelles et artistiques, les athlètes et les champions à participer à la campagne nationale 'Chaîne humaine pour un avenir radieux pour la jeunesse iranienne'
Alireza Rahimi, vice-ministre des Sports et de la Jeunesse — Daily Sabah
La manifestation était prévue pour 14 h, heure locale, mardi, dans les centrales de production d'électricité à travers l'Iran. Rahimi, identifié par la télévision d'État iranienne comme secrétaire du Conseil suprême de la jeunesse et des adolescents, a présenté cette action comme une résistance aux crimes de guerre que l'Iran considère comme des attaques contre des infrastructures civiles.
L'Iran a déjà eu recours à des tactiques de chaînes humaines autour de ses installations nucléaires lors de périodes de tensions accrues avec les nations occidentales. Cette fois, cependant, la participation reste incertaine, une centrale majeure de Téhéran ayant été fermée pour des raisons de sécurité à l'heure prévue du début de la manifestation.
The Independent présente les menaces de Trump comme des actes potentiellement criminels, en insistant sur les préoccupations juridiques internationales et les risques pour les civils. Leur couverture met en avant les manifestations de chaînes humaines comme des mesures défensives face à ce qu'ils décrivent comme une agression disproportionnée des États-Unis, reflétant l'accent traditionnel de la Grande-Bretagne sur le droit international et les solutions diplomatiques plutôt que sur l'action militaire.
Daily Sabah offre une couverture équilibrée en se concentrant sur les aspects pratiques des préparatifs défensifs de l'Iran, tout en notant les efforts diplomatiques internationaux. En tant que membre de l'OTAN avec des relations régionales complexes, le média turc souligne les négociations en cours et les enjeux économiques, reflétant la position d'Ankara en tant que puissance régionale cherchant à éviter une escalade plus large au Moyen-Orient.
CBC aborde l'histoire sous un angle humanitaire, en mettant en avant les bilans de victimes et en soulignant l'impact sur les civils. La couverture canadienne reflète le rôle traditionnel de maintien de la paix du pays et son approche multilatérale, en mettant l'accent sur les préoccupations juridiques internationales et le coût humain, tout en maintenant un scepticisme envers les actions militaires unilatérales.
Infobae propose une couverture complète en insistant sur les implications économiques et la complexité diplomatique de la crise. En tant que média latino-américain, leur cadrage se concentre sur l'impact économique mondial et la rhétorique de plus en plus belliqueuse des deux côtés, reflétant la position non alignée de l'Argentine et son inquiétude quant à la stabilité internationale.
Les médias indiens abordent la crise à travers le prisme du droit international et de la protection des civils, en mettant l'accent sur la qualification par l'Iran des attaques contre les infrastructures comme des crimes de guerre, sans prendre parti dans la confrontation États-Unis-Iran. Cela reflète la politique étrangère traditionnelle non alignée de l'Inde et la nécessité de concilier ses relations avec Washington et Téhéran, notamment en raison de sa dépendance énergétique envers le pétrole du Moyen-Orient.
Les médias saoudiens soulignent les effets de débordement régionaux et les menaces directes pesant sur le territoire saoudien, en mettant en avant les attaques de l'Iran contre l'Arabie saoudite aux côtés d'Israël pour démontrer l'impact déstabilisateur plus large du conflit. Ce cadrage sert les intérêts saoudiens en présentant l'Iran comme l'agresseur régional principal, tout en positionnant le Royaume comme une victime de l'expansionnisme iranien plutôt qu'un allié des États-Unis dans cette confrontation.
Le pays entier peut être rayé de la carte en une seule nuit
Donald Trump, président des États-Unis — The Independent
Les rhétoriques de plus en plus belliqueuses surviennent alors que des frappes aériennes ont touché plusieurs cibles iraniennes mardi, faisant au moins 15 morts selon des rapports canadiens, tandis que d'autres sources évoquent des bilans approchant la trentaine. L'armée israélienne a émis des avertissements en persan conseillant aux Iraniens d'éviter les voyages en train, signalant des frappes potentielles sur les infrastructures ferroviaires.
L'Iran a répondu en tirant sur Israël et l'Arabie saoudite, entraînant la fermeture temporaire d'un pont majeur. Le président Masoud Pezeshkian a affirmé que 14 millions d'Iraniens s'étaient portés volontaires pour combattre, y compris lui-même.
Les dirigeants internationaux ont condamné les menaces de Trump, les qualifiant de crimes de guerre potentiels. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a averti que des attaques contre des infrastructures civiles violaient le droit international et pourraient déclencher des représailles croissantes. La Première ministre néo-zélandaise a également appelé à la retenue, qualifiant ces actions d'inacceptables.
Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a rappelé aux États-Unis que les attaques contre des infrastructures civiles sont interdites par le droit international. Trump a balayé ces préoccupations, déclarant ne pas s'inquiéter de telles considérations.
Bien que l'Iran ne puisse rivaliser avec la sophistication militaire des États-Unis et d'Israël, son contrôle sur le détroit d'Ormuz continue d'infliger des dommages considérables à l'économie mondiale. Des efforts diplomatiques se poursuivraient, bien que l'Iran ait rejeté la dernière proposition américaine et que le temps semble s'écouler avant l'ultimatum final de Trump.