Reed Hastings quittera le conseil d'administration de Netflix en juin, mettant fin à une carrière de 29 ans au sein de l'entreprise qu'il a cofondée en 1995. Le président de 65 ans a annoncé qu'il ne se représenterait pas lors de l'assemblée générale des actionnaires, ce qui a fait chuter l'action Netflix de 8 % en séance après bourse.
Ce départ survient alors que Netflix traverse une période charnière après l'échec de son projet d'acquisition de Warner Bros Discovery, qui lui aurait permis d'accéder à des contenus précieux comme l'univers Harry Potter et la série Game of Thrones. À la place, Netflix a reçu une indemnité de rupture de 2,8 milliards de dollars suite à l'annulation de cette transaction.
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Reed Hastings — Netflix
Netflix a souligné que la décision de Hastings relève de priorités personnelles et non de désaccords internes. L'entreprise a déposé un document auprès de la Securities and Exchange Commission précisant que son départ n'est "pas dû à un différend avec la société". Hastings prévoit désormais de se consacrer à des projets philanthropiques et autres initiatives après près de trois décennies à diriger la transformation de Netflix, passant d'un service de location de DVD par correspondance à un géant mondial du streaming.
Cette transition intervient alors que Netflix envoie des signaux financiers mitigés. L'entreprise a enregistré un chiffre d'affaires de 12,25 milliards de dollars pour le trimestre, en hausse de 16 % et légèrement supérieur aux prévisions des analystes (12,18 milliards). Cependant, ses prévisions de bénéfices pour le trimestre en cours, à 78 cents par action, sont inférieures aux 84 cents attendus par les analystes.
Spiegel présente le départ de Hastings comme une décision déstabilisante en pleine "phase critique" pour Netflix, soulignant l'incertitude des investisseurs et des prévisions de bénéfices décevantes. Le média allemand met en avant l'échec de l'acquisition de Warner Bros comme un revers stratégique qui force Netflix à "se réinventer", reflétant un scepticisme européen envers les stratégies d'expansion des géants technologiques américains.